Il faut bien reconnaître que la pratique du "pool" excluant de facto au pire toute la presse locale, au mieux les hebdos et petits médias, n'est pas née avec Macron. C'est un mouvement de fond, aux effets extrêmement délétères. https://twitter.com/j_bouteiller/status/1385479896756064258
Gros souvenirs de cette visite de Hollande dans les Yvelines où une fois de plus, on est interdits d'accès : Reuters gère le pool photo. Bon, on appelle Reuters. "Voici nos tarifs", nous était-il répondu, ce qui est parfaitement contraire aux règles informelles du pool...
Au-delà de cette avanie bénigne (on perd une photo de pure com', on s'en est remis...), réserver l'accès à quelques rare journalistes nationaux est par contre très nocif pour l'information. On ve se dire pourquoi.
C'est simple : on ne débarque pas "en hélicoptère" dans telle mairie, institution, établissement scolaire. On sait qui est qui, à qui parler discrètement pendant la visite, on reconnaîtra les expressions des visages des uns et des autres. Parce que c'est notre terrain quotidien !
Si l'endroit a été potemkinisé pour la visite, on le verra. Si les délégués syndicaux ont été exclus, on le verra. On peut même avoir des infos sur place par des sources DCRI blasées (et oui !). Ou avoir les coulisses en échangeant avec des élus qui nous font confiance.
Bref, 9 fois sur 10, les nationaux, faute d'être chez eux, en sont réduits à être des relais de communication du gouvernement, là où les localiers auraient la capacité de produire autre chose (pour peu qu'ils aient l'esprit mal tourné et le pouvoir de l'écrire).
On peut même rencarder discrètement les confrères et consoeurs parisiens qui débarquent, par exemple en leur indiquant qu'il faudrait aller parler à machin ou bidule pour éviter de finir avec une hagiographie malaisante et fausse de leur visite ministérielle ou présidentielle.
Parce qu'à la fin, c'est le citoyen qui finit lésé, et les médias détestés pour s'être prêtés à une pure opération de communication s'ils passent à côté de leur sujet. Parce que les gens sur place, eux, ne sont pas dupes...
Histoire de donner un ex. concret : pendant que la presse éco posait des questions avec révérence au ministre Macron, venu faire de la photo industrie/ouvriers, j'étais rencardé sur les coulisses détestables de sa visite : pas d'ouvriers, que des cadres. https://lagazette-yvelines.fr/2015/11/20/macron-boude-par-la-cgt/
Je signale aussi qu'il y a toujours moyen d'utiliser le pool pour faire autre chose : là, plutôt que d'attendre la com' issue du pool, on est allé à la rencontre des habitants du quartier pendant la visite. Le résultat fut diablement plus intéressant ! https://lagazette-yvelines.fr/2015/05/13/francois-hollande-un-deplacement-en-catimini/