Voici un thread sur les effets des fausses informations en période de pandémie, avec une petite revue rapide des études que j'ai pu trouver à ce sujet. Il est un peu long mais déroulez tout, c'est riche :) (1/n)





L'exposition aux fausses informations réduit les connaissances sur le virus, et réduit les comportements préventifs tout en affectant la santé mentale.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32498140/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32498140/

Une des conséquences par exemple, même si l'optimisme est crucial sur le plan émotionnel, est que des messages trop optimistes lors de crises sanitaires comme une pandémie peuvent entraîner des décisions préjudiciables,

telles que le manque de respect de la distanciation sociale.
https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.08.20057067v1
https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.08.20057067v1

Ceci a été confirmé par cette étude : elle est également associée à une augmentation de problèmes d'ordre psychologique : anxiété, dépression et même syndrome de désordre dû au stress post-traumatique (PTSD).
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33048825/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33048825/

Les fausses informations autour de l'alcool et du tabac qui auraient un effet protecteur contre la covid19 ont entraîné une augmentation de la consommation de ces produits
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32855353/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32855353/

Il existe même une corrélation entre le nombre de personnes ayant "accidentellement" ingéré des produits de ménage et le nombre de twits à propos de cette idée farfelue dont trump avait parlé, dans des zones géographiques données aux Etats-Unis.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32901533/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32901533/

Le sensationnalisme des journalistes non spécialisés a exagéré l'ampleur des effets cardiaques, qui sont davantage des marqueurs d'une inflammation que des signes d'atteintes sévères...
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33006608/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33006608/

De même, un preprint problématique a créé une bulle de fausses informations ou d'exagérations autour de la vitamine D.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7443564/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7443564/

En Iran, une rumeur selon laquelle l'alcool tue le coronavirus a conduit de nombreux Iraniens à boire de l'alcool contrefait contenant du méthanol toxique. Plus de 300 personnes sont mortes, plus 1000 hospitalisations ont été nécessaires,

et beaucoup devraient avoir une perte de vision permanente. D'un point de vue historique, de nombreux traitements présentés comme promoteurs ont créé des catastrophes, même l'aspirine durant la pandémie de grippe espagnole !

Il en va de même pour l'hydroxychloroquine dans cet excellent papier qui explique par exemple qu'avec un taux de survie de 97,3%, le fait de donner un placébo quelconque a 10 personnes présentait 75% de chances pour que les 10 guérissent.

Pour mettre en évidence une réduction de mortalité de 25%, il faudrait un échantillon de plus de 16 000 patients.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32410129/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32410129/

Conservateurs et traditionnalistes sont ceux qui partagent davantage de théories du complot et de désinforamation.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7541968/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7541968/

Même des hommes politiques ont propagé des fausses informations (Trump et Bolsonaro)
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33031753/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33031753/

Aux Etats-Unis, le racisme est un élément moteur pour le développement de théories du complot. La propagation de telles théories, y compris au sommet de l'Etat, pour nier un problème de santé publique, a déjà montré qu'elle était désastreuse dans le cas du sida.

Cependant, il paraît essentiel aux auteurs de ne pas employer le mot "conspirationniste" ou "complotiste" et de construire des ponts en donnant des réponses claires pour réduire l'impact de ces fausses informations.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7241063/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7241063/

L'effet de contrer la fausse information est politique. Si le fact-checking démontre qu'un politique est à l'origine d'une fausse information, cela contribue à une "de-fusion" du politique,

et à l'inverse, lorsqu'une fausse information est corrigée par un politique, cela participe à une "re-fusion".
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33014362/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33014362/

Le DS-R signifie deficient self-regulation (manque d'auto-régulation). C'est le facteur qui entraîne le partage de fausses informations, contré par l'exploration.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7354273/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7354273/

Cependant, une fatigue peut s'installer à force d'explorer, favorisant ainsi le partage d'informations non vérifiées.

Une étude sur Twitter a montré les thèmes les plus utilisés pour nier le coronavirus par exemple.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32805227/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32805227/

La désinformation (comme celle de Trump citée dans cet article) peut entraîner des comportements violents envers le personnel médical (menaces, agressions etc...), des cas concrets sont décrits ici.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32784200/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32784200/

La désinformation existe sur la stratégie Suédoise, qui comme partout, a misé sur "écraser la courbe" (flatten the curve), mais avec une plus forte communication, adhésion et responsabilisation que d'une imposition de contraintes par le gouvernement a fait l'objet d'une étude.
Parmi les fausses informations véhiculées : "la vie est restée normale en suède", "la stratégie de l'immunité de groupe", "la Suède n'écoute pas l'avis des experts", "Elle ne suit pas les recommandations de l'OMS",

"la stratégie Suédoise n'a pas marché et la Suède change son approche", "les Suédois font confiance à leur gouvernement" : tout ça est faux selon les auteurs.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32660503/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32660503/

Il y a aussi eu beaucoup de désinformation sur le coronavirus en Afrique. Voici par exemple les éléments qui ont fait que les africains n'ont pas tenu compte du virus, se pensant "immunisés" :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7366989/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7366989/

Dès le 21 mars 2020, un quart des contenus sur youtube contenaient des fausses informations.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32409327/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32409327/

C'est également le cas sur twitter, avec un quart de fausses informations dans les tweets.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32292669/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32292669/

Le nombre de partages de fausses informations sur twitter est corrélé au nombre de nouveaux cas. Dès le début de l'épidémie, de nombreuses fausses informations de type "rassuristes" sont apparues sur twitter et ont augmenté avec le nombre de cas.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32550244/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32550244/

Des campagnes complètes de désinformation ont été lancées, par exemple en Espagne, avec des millions de comptes dédiés à relayer les fausses informations.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32478708/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32478708/

Les journaux scientifiques ont également perçu des problèmes de leur côté, les éditeurs ont indiqué que même les plagiats avaient augmenté drastiquement... https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32657090/
Certains preprints ont par exemple comparé le coronavirus à Ebola en Angleterre, à cause de la mortalité en hôpital, qui s'approchait de celle d'Ebola.

Les auteurs n'ont pas précisé que pour Ebola, la mortalité par rapport aux cas (CFR) est quasi identique à celle en hôpital (HFR), alors que pour le coronavirus, seule une faible partis des cas est hospitalisée...
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32554782/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32554782/

La rétention d'informations par les gouvernements sont un facteur accélérant les fausses informations.
https://www.nature.com/articles/d41586-020-00920-w
https://www.nature.com/articles/d41586-020-00920-w

Les méthodes pour propager de fausses informations sont nombreuses. On peut citer un ton affirmatif sur une fausse information, contester un consensus établi, simplifier à outrance une information, inonder les réseaux sociaux d'une fausse information,

sous-estimer le risque et surestimer sa capacité à le dépasser, combiner des informations fausses et exactes dans un même message, attribuer une fausse information à une source fiable ou officielle, faire des prédictions non vérifiables.
http://rimed.org/rimedicaljournal/2020/06/2020-06-12-commentary-aghagoli.pdf
http://rimed.org/rimedicaljournal/2020/06/2020-06-12-commentary-aghagoli.pdf

Un aspect positif tout de même : la désinformation sur des thérapies de "manipulation vertébrale" a également été largement diffusée, mais a pu être contrée grâce à l'intervention de personnes influentes sur les réseaux sociaux.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32517803/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32517803/

Certaines fausses rumeurs ont pu être contrées sur whatsapp, grâce à une action visant à ce que les gens connaissent mieux le virus
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33052967/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33052967/

Il est en effet recommandé au personnel médical de combattre la désinformation pour gérer la pandémie
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33031704/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33031704/

Il y a même eu des cours données à des étudiants en Médecine pour les impliquer dans la lutte contre la désinformation.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32502537/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32502537/

Il existe même des recommandations qui sont de vérifier les créations de sites web (registrar) liés au COVID19, de faire de la veille sur la désinformation pour ne débunker que celles qui prennent de l'ampleur et ne pas perdre trop de temps (tout débunker est impossible),

communiquer des informations fiables pour répondre à la demande, communiquer sur les réseaux sociaux en se rapprochant des gérants de telles plate-formes pour être mis en avant,

utiliser des systèmes d'alerte SMS pour ceux qui ne sont pas sur les réseaux sociaux.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33001730/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33001730/

La non-vérification de l'information est un des éléments majeurs poussant à diffuser des fausses informations. Une information a été présentée en posant la question "cette information est-elle vraie ?" ou "seriez-vous prêt à partager cette information ?".

Dans le second cas, le nombre de fausses informations auxquelles on adhère était grandement augmenté.
Cette étude a été doublée d'une seconde, où certains participants ont d'abord eu à répondre à une question "cette information est-elle exacte ?" à propos d'une information
Cette étude a été doublée d'une seconde, où certains participants ont d'abord eu à répondre à une question "cette information est-elle exacte ?" à propos d'une information

sans aucun lien avec le coronavirus. Puis on leur a proposé de partager une fausse information en lien avec le virus : le nombre de personnes prêtes à partager la fausse information a triplé dans le groupe auquel on n'avait pas posé la question non liée au coronavirus !

Du fait de l'attention portée sur les "likes" et "partages", la véracité de l'information n'est plus le critère prioritaire poussant à partager un contenu. De plus, comme l'information est mêlée à des contenus qui ne sont pas à vérifier (photos personnelles etc...),

on en oublie l'importance de la vérification de l'information en général.
L'étude suggère donc qu'une forme d'intervention inattendue mais qui pourrait être efficace est tout simplement l'idée de rappeler qu'il faut vérifier l'information en général,
L'étude suggère donc qu'une forme d'intervention inattendue mais qui pourrait être efficace est tout simplement l'idée de rappeler qu'il faut vérifier l'information en général,

dans un autre contexte que le coronavirus, pour développer l'esprit ciritique.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7366427/
FIN DU THREAD ! (il était long celui-là !)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7366427/
FIN DU THREAD ! (il était long celui-là !)