𝑳‘𝒂𝒑𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆𝒍𝒍𝒆
“Je ne suis pas noir•e, je peux porter des nattes plaquées ?”
“Je ne suis pas arabophone, je peux dire ‘wallah’?”
“Je suis allé•e en Inde, je peux porter les vêtements que j’ai acheté la bas ?”

Je vous réponds ⇓
Comme je vous l’ai dit il y a quelques jours, j’ai décidé de réécrire un texte que à propos d’un sujet que j’avais déjà traité deux fois au cours des deux années précédentes.
La raison pour laquelle je l’avais réécrit et le réécris à nouveau est simplement que, comme tout personne engagée dans les luttes sociales, mes opinions militantes se perfectionnent et se précisent avec le temps pour ne pas dire s’affirment et s’affermissent.
En relisant ce que j’avais écrit il y a déjà bientôt deux ans, j’ai réalisé que je n’étais pas tout à fait d’accord avec moi de 2018 et je vous propose donc une version plus actualisée de mon texte.
Si je choisis de vous en reparler, c’est parce que cette thématique, qui suscitait déjà débat en 2018, est encore plus prégnante en ce début 2020.
J’écris dans un double objectif de sensibilisation et de vulgarisation, à dessein de permettre à tous•te•s — même les moins familier•ère•s avec le concept en question et la terminologie qui en découle — une appréhension du sujet et peut-être même une réflexion sur celui-ci.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi juste rappeler quelques points essentiels au bon déroulement des échanges qui suivront, je l’espère, cette publication. Éléments qui vont permettront également une meilleure appréhension des informations à venir.
Sachez tout d’abord que je ne prétends ni être une spécialiste du sujet ni détenir la vérité absolue. D’autant que c’est un sujet qui n’est pas scientifiquement vérifiable et ne peut donc être prouvé au sens scientifique du terme.
Je vous fournirai bien sûr exemples et illustrations, mais ne vous attendez pas à trouver les résultats d’expérimentations quelconques.
Cela signifie aussi qu’il n’y a pas de règle fixe ou d’approche générale de la matière, mais qu’il faudra davantage fonctionner au cas par cas.
Attention cependant, cela ne veut pas dire qu’il est impossible de définir et d’identifier le phénomène.
Ce que vous vous apprêtez à lire relève de mon point de vue personnel, toutefois inspiré par la documentation que j’ai assimilée sur le sujet et d’autres qui le côtoient.
Je ne suis la porte parole de personne, hormis de celles et ceux qui le souhaitent. Il est bien plus qu’acceptable de partager mon avis en totalité, en partie ou pas du tout. Je vous demanderais en revanche de bien vouloir tout lire avant d’engager une discussion.
La pensée étant un cheminement intellectuel, construire un argumentaire en référant à un ou des éléments prélevés et analysés indépendamment du reste du corps n’est pas pertinent.
C’est donc dans sa globalité que je vous inviterai à appréhender le propos qui suit.
𝑄𝑢’𝑒𝑠𝑡-𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙’𝑎𝑝𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑐𝑢𝑙𝑡𝑢𝑟𝑒𝑙𝑙𝑒 ?
Nous commencerons ce petit chemin vers la compréhension de la thématique en définissant le terme d’appropriation culturelle, dont la première occurrence remonte aux années 80 au moment de l’éveil des études post-coloniales, quoique le principe soit bien antérieur.
Dans mon précédent écrit, j’avais proposé la définition de Wikipedia comme étant la plus simple. En voulant consulter à nouveau la page, j’ai pu constater que celle ci a été réactualisée et le terme analysé...
sans doute à la suite des nombreuses polémiques qui ont suivi la popularisation du concept, et selon un biais clairement en faveur de l’appropriation culturelle, présentée comme “transmission” et “redéfinition” culturelle.
En m’informant sur les sources de l’article, j’ai été confrontée sans surprise à une bibliographie essentiellement (si ce n’est en totalité) écrite par des blanc•he•s.
Pareillement, les articles qui apparaissent en premier dans les recherches internet ont été rédigés pour la plupart par des personnes blanches occidentales et sont tout à fait biaisés puisqu’ayant vocation à justifier le phénomène au nom du multiculturalisme et du cosmopolitisme.
Si vous ne comprenez pas encore le problème, vous le comprendrez par la suite.
Je vous propose donc la définition suivante, proposée par Loretta Todd (réalisatrice canadienne de descendance indigène) et Bell Hooks (écrivaine féministe noire américaine) : l’appropriation culturelle désigne le vol du vestiaire ou des symboles d’une culture dite minoritaire.
En d’autres termes, ce à quoi renvoie l’appropriation culturelle est toute forme de profit tiré par un groupe ethnico-culturel dominant vis à vis d’un autre minoritaire, au détriment et sans l’approbation de ce dernier.
Richard Mémeteau souligne dans ce cas l’absence d’échange et/ou de dialogue. Il s’agit donc d’un rapport de domination au sein duquel la culture minoritaire n’a pas le choix d’accepter ou de refuser cette exploitation.
L’appropriation culturelle est en cela très différente du métissage culturel, qui renvoie au mélange de diverses cultures sans que l’une d’entre elles n’aie l’ascendant sur une ou plusieurs autres.
Il faut entendre par culture ce qui est créé, produit, transmis et appris par les individus d’un même groupe social et/ou ethnique.
Bien entendu, une culture n’est ni autosuffisante ni homogène ou linéaire puisque résultant de la jonction d’une infinité d’éléments renouvellés, réactualisés, réinterprétés, inspirés, transmis, échangés, partagés avec et par d’autres cultures.
Ainsi, quand on parle de cultures occidentale, africaine ou asiatique, on ne sous entend pas qu’elles présentent un faciès uniforme, on regroupe simplement des cultures qui présentent des similitudes et une proximité géographique
(les deux étant intrinsèquement liées, là je vous parle en tant qu’historienne et historienne de l’art).
Tous ces éléments font du concept de culture une notion très complexe, ce qui nonobstant n’empêche d’identifier certains éléments spécifiques et communs à certains groupes de cultures.
Néanmoins lorsqu’on parle de culture “dominante” à l’échelle mondiale, on fait surtout référence à la culture occidentale, soit la culture européenne et nord-américaine blanche
— ces éléments sont discutables à des échelles moindres, continentales par exemple, mais ce n’est pas le propos.
Culture indéniablement privilégiée et prédominante à l’échelle globale pour des raisons socio-historiques sur lesquelles je ne reviendrai pas spécifiquement — mais qui découlent en grande partie des empires coloniaux et migrations forcées :
lorsque les occidentaux blancs se sont invités sur les continents Asiatique, Sud-Américain et Africain entre autres, les populations locales (en plus d’être violentées, violées et massacrées)
ont été contraintes d’adopter des éléments culturels occidentaux et se sont vues arracher des éléments culturels qui étaient leurs.
Ont suivi des siècles d’esclavage, une des premières causes de ce qu’on appelle aujourd’hui le métissage au sens génétique.
Plus tard, certains pays occidentaux dominant les sphères économique et politique ont également contraint des populations à immigrer afin notamment de les exploiter à l’occasion de guerres et de travaux de reconstruction :
on peut penser pour n’en citer que quelques exemples connus aux migrations portugaise, polonaise
[Oui, ces derniers sont blancs et occidentaux mais je ne parlerai pas dans mon développement des discriminations faites par les blancs envers d’autres blancs puisqu’aujourd’hui les conséquences de ces faits ne sont pas les mêmes pour les descendants d’immigrés de type caucasien
et que je ne suis pas concernée. Comme je vous l’expliquais, selon l’échelle étudiée les données diffèrent et l’on peut admettre des rapports de domination entre les sous cultures d’une même culture dominante.
On pourrait parler d’appropriation culturelle sur une échelle continentale voire nationale.], sénégalaise, algérienne.
Ceci explique notamment la présence actuelle de langues, religions, mœurs, et systèmes politiques occidentaux dans les continents cités précédemment.
Nous vivons encore tous•te•s les conséquences de la domination occidentale qui ne remonte pas à si longtemps que cela quoiqu’en laissent penser les vieux manuels d’histoire poussiéreux.
Parlez un peu à vos grands-parents ou aïeuls si vous en avez la possibilité, vous le verrez très vite.
Si je suis revenue un peu dans le temps, c’est afin d’illustrer la propension des populations occidentales blanches à imposer leur culture au détriment d’autres et à voler [déf. : soustraire la chose d’autrui] d’autres cultures.
Plus que cela, même, la tendance des populations blanches à considérer les populations minoritaires non-blanches (et aussi dans certains cas, blanches également :
c’est très complexe mais je pense aux immigrés portugais, même si je ne développerai pas), en particulier noires — et d’autres encore, mais je suis moins renseignée, comme non pas humaines mais comme des moyens et donc potentielles propriétés
(moyen de satisfaire un désir, de créer des ressources financières par exemples), mais je m’éloigne.
C'est aussi pour amener un autre point : je veux vous expliquer pourquoi l’appropriation culturelle fonctionne à sens unique, autrement dit pourquoi on ne peut pas dire qu’un groupe minoritaire s’approprie la culture d’un groupe dominant.
En effet, l’argument qui revient souvent est celui qui consiste à dire que les groupes minoritaires ont également incorporé des éléments culturels occidentaux — vous voyez je pense où je veux en venir —
vous voyez je pense où je veux en venir — or, comme nous l’avons vu, lesdits éléments n’ont pas été incorporés volontairement par les groupes culturels minoritaires mais bien imposés par le groupe culturel dominant.
Vous commencez à saisir je l’espère, en quoi consiste l’appropriation culturelle et en quoi elle diffère du métissage culturel, bien qu’ils trouvent tous deux leur origine dans l’impérialisme culturel occidental.
Maintenant que nous avons posé les jalons théoriques de la thématique, nous allons à présent nous atteler à son corps pratique.
Je fais une petite pause dans la rédaction. La suite arrive très bientôt.

P.-S.: sur le premier tweet j’ai fait une faute d’accord, ce sont “les vêtements que j’ai achetéS” avec un S !
𝑫𝒂𝒏𝒔 𝒒𝒖𝒆𝒍𝒔 𝒄𝒂𝒔 𝒑𝒆𝒖𝒕-𝒐𝒏 𝒑𝒂𝒓𝒍𝒆𝒓 𝒅’𝒂𝒑𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆𝒍𝒍𝒆 ?
Nous avons à présent défini de manière théorique le concept en question ainsi que ceux qui gravitent autour de ce dernier.
Vous n’êtes pourtant pas encore tout à fait certain•e•s de saisir ce en quoi concrètement consiste le fait de s’approprier la culture d’autrui.
Sachez dans un premier temps qu’il est compliqué de déterminer précisément où commence et où s’arrête l’appropriation culturelle.
Comme je le disais précédemment, la culture n’est ni homogène ni linéaire. La mondialisation ainsi que l’essor des réseaux sociaux ont enfoncé les portes ouvertes par les occidentaux à travers leur impérialisme. C’est ce que l’on appelle le multiculturalisme.
Aujourd’hui, nous ne sommes plus nécessairement le produit d’un seul groupe culturel. Beaucoup d’entre nous si ce n’est la plupart, sont issus de parents d’origines culturelles divergentes qui nous transmettent leurs us et leurs traditions.
Nous sommes plus régulièrement au contact (virtuel ou réel) d’individus différents de nous par leurs opinions et leur extraction socio-culturelle. Nous sommes confronté•e•s dans nos parcours scolaires et à travers notre éducation à la culture de l’autre :
nous apprenons d’autres langues, nous partons en voyages d’échange, nous étudions l’histoire, la politique, le droit tels qu’ils sont pour d’autres pays, etc.
Enfin, par nos intérêts et lors de notre construction personnelle en tant qu’individu, nous nous familiarisons à travers différents media à d’autres cultures :
nous apprenons des autres, nous lisons des écrits, écoutons de la musique, contemplons des œuvres d’art, partons en voyage... autant de choses qui viennent enrichir notre noyau culturel. On pourrait en ce sens dire que chaque individu est un foyer de culture.
Mais ne soyons pas naïf•ve•s. Personne n’est sans ignorer les rapports de domination et d’inégalité sociales. Tous les individus et toutes les cultures ne sont pas logés à la même enseigne aux échelles sociales, sociétales et systémiques.
Dans un monde forgé par les occidentaux blancs pour les occidentaux blancs, ces derniers sont évidemment privilégiés.
En plus de s’être accordé de droit de contraindre par la violence toute personne en marge du groupe majoritaire à adopter leurs mœurs, les occidentaux blancs se sont également attribué celui de moquer, exploiter, bafouer, plagier,
usurper des éléments culturels originaires des groupes minoritaires qui eux sont sanctionnés pour le simple fait de revendiquer des éléments qui sont culturellement leurs.
S’approprier la culture d’autrui, ce peut être estimer qu’elle est sienne et par ce fait en renier les origines et la symbolique.
Cela peut aussi être le fait de délibérément la tourner en une distraction, un accessoire ou une mode. C’est aussi émettre à propos de celle-ci un jugement de valeur, en sélectionnant certains éléments que l’on estime acceptables pour en dévaloriser d’autres :
c’est une forme de hiérarchisation. Ce peut être également considérer qu’il n’est acceptable de mettre en exergue ou de revendiquer les éléments d’une culture minoritaire que si l’on appartient au groupe culturel majoritaire.
Enfin, cela peut aussi consister en le fait de tirer des avantages sociaux ou économiques d’une culture minoritaire au détriment des peuples dont elle est originaire. C’est somme tout ne pas la respecter et par extension ne pas respecter les individus qui en sont dépositaires.
Pour illustrer le propos, nous nous pencherons sur plusieurs cas qui selon moi illustrent parfaitement ce dont il est question.
Parlons dans un premier temps du 𝒅𝒆𝒈𝒖𝒊𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕. On voit souvent petits et grands blancs déguisés en « indiens » à l’occasion de fêtes diverses.
Or la fête et le déguisement appartiennent à la sphère du drôle, du divertissement, parfois même de la caricature et du grotesque. Le déguisement se base la plupart du temps sur le cliché.
Il force le trait et se compose de plusieurs éléments disparates assemblés de manière hasardeuse. Parfois même, certains éléments sacrés ou ésotériques sont dépouillés de leur signification en relégués au rang de blague.
Bien sûr les auteur•rice•s de ces faits n’en ont aucune idées puisqu’iels n’ont aucune connaissance des cultures qu’iels moquent (ou alors iels n’en ont que faire). Outre cela, c’est aussi la négation de l’histoire d’un peuple :
encore aujourd’hui il y a des rapports de forces entre les peuples occidentaux et amérindiens qui ont été massacrés, pillés et parqués dans des réserves.
Les peuples natifs américains sont encore exploités, discriminés au moment où je vous écris et victimes de violences lorsqu’ils arborent des éléments constituant leur propre culture (noms, traditions, vêtements, langue,..).
Quand Hillary Duff et son ami se sont déguisés en natif américain et père pèlerin en 2016 vous comprenez donc à quel point cela peut être offensant.
Alicia BigCanoe, canadienne native Chippewa poste tous les ans un cliché d’elle en habit traditionnel sous le hashtag #IAmNotACostume lors de la fête de Halloween, afin de sensibiliser sur le fait que sa culture n’est pas un déguisement.
Si vous considérez votre culture comme une blague, vous n’avez pas à traiter de la même manière celle des autres.
De plus, le 𝒈𝒓𝒊𝒎𝒂𝒈𝒆 à caractère ethnico-racial est historiquement raciste. Parlons du blackface.
Outre le fait qu’une couleur de peau n’est pas un déguisement ou un accessoire qui se met et se retire, puisque contrairement à vous si vous êtes non noir•e•s (a fortiori blanc•he),
nous ne pouvons choisir de l’être ou non, nous le sommes tous les jours de notre vie et vous nous le faites payer en nous discriminant, nous violentant et nous massacrant.
Le blackface s’inscrit dans cet historique de violences, puisqu’il est à l’origine une forme de théâtre occidental qui consiste en le grimage d’une personne blanche en personne noire à dessein de moquer les personnes d’origine Afro-antillaises sur la base de clichés.
Si la couleur de peau n’est pas directement culturelle, c’est toutefois autour d’elle que nous construisons notre identité culturelle dans la plupart des cas, puisque la société occidentale blanche nous pousse à le faire en nous excluant.
Également, le grimage facial s’accompagne presque toujours de déguisement (cf. le cas du déguisement cité plus tôt), d’imitations d’accents et de gestuelles, du port d’habits traditionnels...
Quand Antoine Griezmann se grime en noir en prétendant avoir voulu se déguiser en basketteur pour une soirée années 80, c’est un problème car cela renforce les stéréotypes autour de la personne noire. Or stéréotyper en vertu de l’appartenance ethnique, c’est raciste et non légal
Ces stéréotypes sont entre autres ceux liés à la performance physique, la taille et la prédisposition au sport. On peut tout à fait se déguiser en basketteur sans se peinturlurer en noir, surtout quand on sait (et on le sait toustes) que les personnes noires sont discriminées.
Le maillot « NBA » suffisait à comprendre en quoi il était déguisé.
Encore une fois, compte tenu du passé historique violent entre les communautés occidentales et Afro-antillaises le blackface s’inscrit à la fois dans le racisme et l’appropriation culturelle (celle-ci étant une forme de racisme).
On pourrait penser qu’après avoir fait subir tant d’horreurs à un peuple sur la base simplement de sa différence, cesser de le discriminer serait de rigueur.
J’aimerais maintenant vous parler de la 𝒎𝒐𝒅𝒆 et des 𝒎𝒐𝒅𝒆𝒔 qui est selon moi le berceau de l’appropriation culturelle. Soyons clair•e•s sur le fait que personne ne peut vous interdire de porter tels ou tels vêtements, coiffures, maquillages, tatouages.
Ce n’est pas la question. Mon but ici est de vous faire comprendre ce qui n’est pas acceptable lorsque vous le faites.
Premièrement, réduire des éléments vestimentaires, de parure ou de coiffure propre à une autre culture au rang d’accessoires et remplacer leur fonction symbolique et significative voire sacrée au profit d’un simple esthétisme, c’est très irrespectueux.
D’autant que comme je le disais, les personnes dont ces éléments font partie de l’héritage culturel sont discriminées pour les arborer !
Il y a donc un double standard selon lequel seules les personnes occidentales ont le droit d’afficher ouvertement ces éléments qui n’ont souvent rien à voir avec leur culture et à propos desquels ils ne sont pas renseignés .
Pour finir, l’appropriation culturelle est aussi l’exploitation de cultures minoritaires au profit de cultures majoritaires.
L’appropriation culturelle est donc un acte capitaliste qui vise à produire de l’argent au détriment des cultures minoritaires sur la base de l’impérialisme, du suprémacisme et de l’orientalisme post-colonial.
Jalil Leclaire, écrivain et membre de Décoloniser les Arts, insiste sur le fait qu’il y a invisibilisation de la culture exploitée.
Richard Mémeteau quant à lui confirme que si les retombées économiques et sociales de l’utilisation d’une autre culture que la sienne ne sont pas partagées avec les dépositaires de la culture en question, c’est qu’il y a exploitation.
C’est pourquoi acheter et vendre des vêtements plagiant ou imitant des vêtements ou motifs traditionnels non occidentaux, auprès de vendeurs occidentaux qui en tirent profit — surtout quand ils sont vendus à prix d’or —
et qui en nient les origines et la signification, cela ne passe pas.
En 2018, l’enseigne Zara a commercialisé des chaussettes présentant des motifs Xhosa, motif traditionnel d’une ethnie Sud-Africaine mais aussi propriété du créateur noir-africain Maduma Ngxokolo.

https://www.instagram.com/p/Bh9XRreFHxm/?utm_source=ig_embed
Il est très courant que les grands créateurs européens et américains usurpent des motifs, designs, voire des pièces entières créés par des designers locaux non occidentaux disposant de moindres moyens.
Quand les modèles de Victoria’s Secret arborent des coiffes amérindiennes et des éléments de vêtements traditionnels à la signification sacrée....
transformés en ensemble bikini et couvre chef grotesque, il y a une négation totale de la culture amérindienne par cette désacralisation. Pour les amérindiens, chaque plume a une signification : les plumes sont portées par les chefs qui les ont obtenues grâce à leur courage.
Elles sont ici toutes mélangées et perchées sur la tête d’une fille en maillot de bain.
Lorsque Marc Jacobs fait défiler des modèles blanches en 2015 avec des Bantu knots ou Kendall Jenner avec des fausses locks en 2016, coiffures qu’il prétend avoir « inventée » ou « réinventée » en leur donnant des noms occidentaux, c’est également intolérable.
Si les dreadlocks sont ancrées dans certaines cultures blanches, notamment anglo-saxonnes et germaniques, les mettre en scène et en revendiquer la (ré)invention, sans référer à leur origine et sans avoir aucune attache culturelle à ces coiffures, c’est déjà peu fameux.
En revanche, je pense que contrairement aux arguments de ceux qui font preuve de mauvaise foi, Marc Jacob ne faisait pas du tout référence à la « culture Viking » dont il aurait pu être issu (ce n’est en plus pas vrai)
mais s’approprie des éléments de coiffure Afro-Antillaise, comme il le fait chaque année. En 2015 il a nié avoir repris le Bantu knot en prétendant qu’il s’agissait d’une coiffure qu’il aurait inventé et qu’il nommait les mini buns.
Or le Bantu knot est à l’origine une coiffure adaptée aux cheveux crépus et frisés commune à entre 300-600 pays d’Afrique noire.
Vous aurez compris que le premier problème ici est de créer des ressources financières en plagiant des coiffures traditionnelles, et en prétendant les avoir inventées au lieu de reconnaître une inspiration ou une influence.
Le second problème est que les personnes d’origine Afro-antillaise sont discriminées lorsqu’elles portent ces coiffures qui sont adaptées à leurs cheveux et font partie de leur culture.
Au delà des moqueries et des violences courantes (se faire arracher ou couper les tresses/tissages à l’école ou dans les transports, critiques et remarques racistes, personnes qui touchent les cheveux sans demander ou considèrent notre physique come divertissant),
on nous refuse logements, écoles, emplois, compétitions sportives. Il en va de même pour les vêtements traditionnels.

https://www.nj.gov/oag/newsreleases19/DCR-Hair-Discrimination-Guidance.pdf
On peut aussi penser à Kim Kardashian qui depuis quelques années plagie des coiffures Afro dont elle revendique la création et qu’elle renomme afin d’effacer toute trace de leur origine.
Paradoxalement, elle lisse très souvent les cheveux de sa petite fille et on ne la voit jamais avec des coiffures qui seraient plus adaptées à son cheveu frisé...
Voici également le lien d’une publication qui parle de l’appropriation occidentale des tatouages berbères qui sont très à la mode qui les déforment et les arborent uniquement pour leur aspect esthétique sans en connaître la symbolique : https://twitter.com/nacim0unet/status/1219155286814003206?s=21
Je souhaite exposer un dernier cas, qui est celui du Bindi porté par Vanessa Hudgens en 2014 à l’occasion du festival Coachella (sponsorisé par des lobbys homophobes).
Ce dernier n’est pas qu’un accessoire, c’est aussi un élément inscrit dans l’héritage Sud-Asiatique qui se revêt de fortes symboliques. Beaucoup de femmes Tamil ont été choquées par ces agissements.
Pereesh Kunesakran, une des femmes à avoir posté avec le hashtag #ReclaimTheBindi, a déclaré lors d’une interview à Deccan Chronicle qu’il fallait éduquer les gens sur le fait que sa culture n’est pas une tendance.
On ne devrait pas porter un Bindi ou des tatouages au henna sans en connaître la signification pour ceux qui les portent. Il y a une différence entre s’approprier une culture et l’apprécier.
Selon elle, apprécier une culture revient à se cultiver sur cette culture avec respect et volonté de la comprendre. À l’inverse, s’approprier une culture serait en reprendre les symboles et les traditions sans avoir aucune connaissance de leur importance.
Pour achever cette seconde partie, je souhaite vous parler de la 𝒍𝒂𝒏𝒈𝒖𝒆. Comme je vous le disais, si autant de pays non occidentaux parlent des langues occidentales, c’est qu’elles y ont été importées par la force lors de la colonisation.
On peut penser à l’Algérie (français), au Bénin (français), au Ghana (anglais), à la Guinée (espagnol)...
Parlons plus spécifiquement de la France.
Si l’on ne peut ignorer l’intégration dans la langue française de certains mots d’origine arabophone ou issus de dialectes africains noirs comme le Lingala, il faut préciser certains éléments.
Le premier est la différence de contexte politique, historique et social qui nous sépare de la génération de nos parents qui dans un climat post colonial et faussement cosmopolitain a généralisé l’emploi de certains termes originaire des pays colonisés.
En effet, ce n’est pas parce que la génération précédente ou les générations antérieures n’avaient pas réellement conscience de l’appropriation culturelle et du post colonialisme que nous devons feinter de ne pas en avoir non plus.
Une des langues dont beaucoup de termes sont repris en français est l’arabe. Si vous n’êtes pas arabophone, vous avez peut-être même entendu vos parents ou aînés (ou vous !) utiliser certains mots comme « toubib », « kawa », « caïd », « souk »...
Ce n’est pas tout à fait la même chose que vous qui lancez des « khey », des « wesh » et pire, des « wallah » ou des « starfoullah » à tire larigot puisque cela ne s’inscrit pas dans le même contexte d’une part.
D’autre part, les personnes arabophones sont discriminées si elles parlent leur propre langue maternelle ou d’origine, alors que vous le faites — en particulier si vous êtes blanc•he•s — sans aucune retombée autre que de vous donner un genre.
Ensuite, vous n’avez pour la majorité aucune idée de ce que peuvent bien signifier ces mots que vous répétez par mimétisme pur.
À ce cliché que vous avez contribué à créer, selon lequel les arabophones (souvent noirs ou nord-africains) sont des « racailles », vous cherchez inconsciemment à vous assimiler pour avoir l’air plus cool.
Enfin, lorsque vous utilisez des termes religieux (tous ceux qui contiennent le nom Allah), vous désacralisez et bafouez des mots lourds de signification pour les personnes musulmanes notamment.
Vous allez parfois jusqu’à déformer ces mots, qui ont une signification et symbolique forte. Pour terminer cette partie, je souhaiterais revenir sur la notion d’orientalisme.
À l’origine, l’orientalisme est la manifestation de la curiosité des occidentaux envers les cultures non occidentales. Dans un premier temps, c’est dans les arts qu’il s’exprime — c’est même le nom d’un courant artistique qui voit le jour au XVIIIéme siècle.
Cependant son empreinte est omniprésente dans les sociétés post-médiévales. J’ai très envie de vous faire un cours d’histoire, mais je résiste, je suis déjà très longue... C’est un concept qui repose sur une fausse mystique composée de clichés, fantasmes et fétichisation.
En faisaient preuve notamment la plupart des grands lettrés du patrimoine français (Hugo, Flaubert, Gauthier,...). [TIMELAPSE] Elle s’exprime aujourd’hui par le désir de côtoyer à tout prix, de près ou de loin, les individus et cultures que l’on fantasme comme étant mystérieuses.
Il n’est pas rare que des personnes occidentales souhaitent côtoyer exclusivement des personnes d’origine non occidentale, allant jusqu’à se faire passer pour non occidentales ou s’inventer des « origines » !
On remarque une volonté grandissante de la part des populations occidentales de s’assimiler aux fantasmagories dont elles seules sont à l’origine. Ceci pourrait expliquer la volonté d’arborer certains éléments culturels que associés à ces fantaisies.
Je conclue cette partie sur ces mots. Je vous parlerai ensuite très bientôt de ce qu’on appelle l’appréciation culturelle, afin de vous aider à comprendre comment apprécier une culture sans se l’approprier.
𝓒𝓸𝓶𝓶𝓮𝓷𝓽 𝓪𝓹𝓹𝓻𝓮𝓬𝓲𝓮𝓻 𝓾𝓷𝓮 𝓬𝓾𝓵𝓽𝓾𝓻𝓮 𝓼𝓪𝓷𝓼 𝓼𝓮 𝓵’𝓪𝓹𝓹𝓻𝓸𝓹𝓻𝓲𝓮𝓻 ?
Dans cette dernière partie, centrée sur la limite entre appropriation et appréciation culturelle, je m’adresse à toutes les personnes de culture occidentale.
Les propos qui suivent s’inscrivent dans le cadre de l’appropriation des cultures minoritaires non occidentales par les cultures majoritaires occidentales.
Vous noterez que je n’ai pas spécifié « blanches », simplement parce que couleur de peau et origine ethnique ne riment pas avec culture.
Bien que les personnes blanches soient par leur éducation et leur culture socio-politique plus enclines à s’approprier des cultures minoritaires non blanches, retenez bien qu’elles ne sont pas les seules.
Je m’explique. Il arrive communément que des personnes non blanches à l’héritage culturel non blanc évoluent uniquement ou en très grande partie dans un cadre socio-culturel occidental blanc
et n’aient par conséquent aucune ou peu de connaissance ou d’attache à leur patrimoine culturel d’origine.
C’est le cas par exemple pour certaines personnes descendantes d’immigré•e•s dont les prédécesseurs vivent et ont vécu dans des pays de culture occidentale depuis plusieurs générations.
C’est le cas de certaines personnes adoptées, également. C’est aussi le cas de personnes issues d’un métissage génétique et culturel. Entre autres.
L’effet de mode très récent selon lequel il est valorisant d’afficher un ostentatoire multiculturalisme ne touche pas que les personnes blanches, il est aussi susceptible de toucher les personnes non blanches de culture majoritairement occidentale.
La différence principale restant que les personnes blanches de culture occidentale ont pour la plupart moins d’attache, d’intérêt et de connaissances que les personnes non blanches de culture occidentale pour les cultures minoritaires.
Et aussi, le complexe du White Savior et la tendance inconsciente à le mettre en avant à travers l’appropriation culturelle.
Ceci étant dit, gardez à l’esprit que (je sais, ça fait beaucoup), au fur et à mesure que les cultures s’enchevêtrent, s’entremêlent et s’entrelacent, leurs manifestations se confondent.
Et effectivement, quand on évolue au contact de plusieurs cultures, c’est en piochant instinctivement dans celles-ci qu’on se constitue la sienne.
Le problème, toutefois, ne réside pas dans le fait d’emprunter simplement des éléments originaires d’une culture qui n’est à l’origine pas la nôtre ; non, le problème réside dans la manière de le faire, mais également dans les conséquences de ce fait.
Gabrielle Richardson, noire-américaine et fondatrice du collectif Art Hoe Collective — une plateforme internet qui permet aux artistes queer et non blanc•he•s de s’exprimer sans être restreint•e•s par les hétéronormes qui dominent l’univers artistique —
a dit lors d’une interview pour iD que l’appropriation commence lorsque le pouvoir est en jeu. Elle insiste sur le fait que l’appréciation sous-entend un échange égalitaire de pouvoir et de culture reconnu par les deux parties et fait dans le respect.
Elle souligne également la différence entre célébration et marchandisation.
Autrement dit, prenez le temps de discuter avec des personnes dépositaires des cultures qui vous intéressent afin de vous assurer de ne pas être irrespectueux•ses ou oppressif•ve•s lorsque vous leur empruntez des éléments.
Si vous constatez que vos interlocuteur•rice•s sont offensé•e•s par vos intentions, respectez les et leurs opinions.
Si l’élément que vous souhaitez emprunter nécessite un achat, privilégiez les producteurs locaux et originels, qui pourront du même coup vous renseigner sur leur symbolique et leur histoire.
Si vous faites un emprunt culturel, n’oubliez pas de créditer l’origine de celui-ci et surtout ne vous avisez pas de prétendre que vous en êtes le•a créateur•rice. Inspirez-vous, mais ne copiez pas.
Enfin, prenez garde à ne tirer aucun profit non partagé ou inégal de vos emprunts. Sensibilisez votre entourage sur ces éléments en relayant — et non pas monopolisant — la parole des personnes concernées.
Si l’appropriation est à sens unique, l’appréciation elle est le fruit d’un échange, d’un dialogue.
Gabrielle explique dans la suite de son interview que l’appropriation culturelle survient quand l’histoire et le mode de vie d’un groupe culturel sont réduits à une esthétique.
C’est-à-dire qu’un emprunt culturel qui exprime l’appréciation d’une culture ne dévêt pas l’élément emprunté de sa signification première.
Emprunter un élément à la valeur exclusivement esthétique pour ce même motif est acceptable, tandis qu’emprunter un élément à la symbolique sacrée pour de simples raisons esthétiques l’est pas.
En revanche, emprunter des caractéristiques physiques propres à un groupe ethnico-culturel n’est JAMAIS, en AUCUN CAS acceptable. J’entends par là-dessus caractéristiques physiques SPÉCIFIQUES et EXCLUSIVES à un ou plusieurs groupes ethnico-culturel.
C’est ce à quoi fait référence Gabrielle lorsqu’elle déplore le fait que l’allure et les traits physiques qu’elle a hérités de sa famille sont achetés et vantés par de riches blancs.
Elle ajoute : « Rester neutre devant une injustice, c’est déjà un acte politique ».
Si vous êtes blanc•he, vous avez le privilège de vous opposer sans subir de répercussions à ce qu’une personne soit traitée différemment de vous pour le même fait, uniquement sur la base de son appartenance ethnique.
Porter des nattes africaines ou des dreadlocks en étant blanc•he, c’est avoir le devoir de s’opposer à ce que des personnes non blanches soient discriminées (ou pire) pour le faire également.
C’est aussi, par extension, avoir le devoir de soutenir les luttes pour les droits des personnes non blanches. Le souhait d’arborer les coiffures Afro doit résulter d’une considération respectueuse pour cette culture et ses membres et non pas d’un effet de mode.
Car ce double standard, même lorsqu’il ne mène pas à la violence physique à l’encontre des personnes non blanches, entraîne des violences verbales et psychologiques ou encore des discriminations systématiques.
Le cas Serena est Venus Williams rend bien compte de cette idée, puisqu’elles ont subi il y a quelques années une vague de propos violents leur reprochant d’être trop « ghetto », trop « négligées » et de n’avoir pas leur place sur un terrain de tennis.
En revanche, « à la seconde où une personne d’une autre couleur le fait, c’est tendance, c’est cool » regrette Chandia Brennen du LA Post en réaction à la photographie de Molly Bair.
Si vous éprouvez un attrait sain pour les coiffures afro, grand bien vous en fasse. Pensez néanmoins à prendre le temps d’en découvrir les significations et les origines et surtout dressez-vous contre ce double standard sans invisibiliser les personnes concernées.
Encore une fois, si ces dernières vous indiquent de ne pas emprunter certains éléments pour des raisons qu’elles estiment justifiées, respectez-les elles et leur culture.
Vous pourrez toujours vous rabattre sur des éléments semblables mais pas identiques ou vous inspirer respectueusement (en créditant bien sûr !).
Si certains aspects d’une culture sont destinés à être partagés et appréciés par des étrangers, des visiteurs ou des personnes extérieures à ladite culture, certains autres en revanche ne sont destinés qu’aux personnes dépositaires de cette culture.
Apprécier une culture c’est respecter et honorer la manière dont ses membres souhaitent qu’elle soit partagée. Même si ces derniers ne sauraient être unanimes sur la question, ils s’accordent la plupart du temps sur certains éléments.
« Si vous ne blessez personne, vous devriez pouvoir faire ce que bon vous chante » (Professeur James Young, auteur de « L’appropriation culturelle et les Arts »).
Dans le contexte actuel, celui du lendemain d’une période de plusieurs décennies durant laquelle les personnes non blanches n’osaient pas exprimer leur culture qui était considérée comme marginale
— vous l’aurez compris — il faut se poser les bonnes question avant de leur emprunter des éléments culturels (Tamu McPherson). C’est en cela que réside l’art de ne pas franchir la limite entre appréciation et appropriation culturelle.
C’est cette limite que la professeure Susan Scafidi — avocate, fondatrice et directrice académique de l’Institut du droit de la mode de Fordham et autrice de  « À qui revient la culture ? Appropriation et authenticité dans le droit américain » —
décrit comme une « ligne tracée dans le sable », en ce qu’elle n’est pas immuable. Elle se déplace en fonction du temps et de l’espace, dans la mesure où la culture elle-même est très fluide et se meut constamment.
Je finirai en vous parlant de sa petite « astuce » pour exprimer un intérêt respectueux envers une autre culture que la sienne, sans se l’approprier.
Je vous en parle parce qu’elle est simple et plutôt effective et qu’elle complète parfaitement les explications que je vous ai déjà données.
Cette règle, qu’elle appelle « règle des trois S », se base sur le fait de questionner les éléments suivants : source, sens et similarité.
C’est-à-dire de se demander dans un premier temps si l’on emprunte les codes d’une culture dominante ou bien d’une culture « dominée » ?
Cette culture a-t-elle été respectée autant que les cultures majoritaires ? Les personnes dont ce code appartient à la culture sont-elles discriminées lorsqu’elles le mettent en avant ?
Dans un second temps, s’interroger sur la signification desdits codes. S’agit-il d’un code encore considéré comme sacré ? Est-il librement vulgarisé par sa communauté d’origine ?
Pour finir, questionner les similitudes d’un objet avec son original.
Ai-je copié ou me suis-je inspiré•e ?

Pour conclure, soyez assuré•e•s du fait que personne ne vous interdit quoi que ce soit.
Être contre l’appropriation culturelle ce n’est pas interdire, c’est simplement assurer que la liberté des uns commence bien là où s’achève celle des autres.

L’enjeu de mon propos est de vous rappeler de faire preuve de respect envers les cultures qui ne sont pas les vôtres.
Alors dialoguez, apprenez, voyagez, donnez, recevez. Mais respectez.
En complément, voici un article écrit par l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) concernant les dommages entraînés que l’appropriation culturelles, afin de les prévenir.
Y sont également mentionnées des sanctions potentielles.

https://www.wipo.int/edocs/mdocs/tk/en/wipo_grtkf_ic_33/facilitator_s_text_rev_2.pdf
Ici vous avez un article qui traite le sujet de l’appropriation culturelle dans
le monde du tatouage :

https://twitter.com/binesiikwens/status/1221168666378735616?s=21 https://t.co/6FyVVc8BCq 
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